Et dire qu’il y en a qui pense que la littérature française contemporaine ne parle que de son nombril ! Tsss… ces gens-là ne doivent pas chercher bien plus loin que le bout de leur nez. Oui, il y a des auteurs français qui nous parlent d’eux… mais il y en a tellement d’autres qui ont des histoires à nous raconter et qui savent si bien nous les raconter ! C’est là qu’il faut aller jeter un coup d’œil !
Après avoir été captivée par La véritable histoire de mon père de Nicolas Cauchy, je pensais qu’il serait difficile d’enchaîner avec un autre roman. Quand on vit quelque chose de fort à la lecture d’un livre, c’est dur pour la lecture suivante. Le hasard (*) a fait que j’ai décidé de lire un roman de Serge Joncour que j’ai acheté à Sciences-Po. Merci le hasard ! ;-)

Une villa, sur une île, au plus fort de l’été. Un jour, un inconnu surgit, il se prénomme Boris. Il vient rendre visite à Philip, son vieil ami de lycée. Seulement Philip n’est pas là. Il n’arrivera que demain, après-demain au pire, on ne sait pas. Courtois, homme avisé et sûr, Boris s’installe. Rapidement. Très rapidement. Il se fond même tellement au décor qu’il s’avère vite le convive parfait, l’élément distrayant. Ravis, charmés, et même manipulés à leur insu, tous se laissent happer par son terrible pouvoir de séduction. Seul André-Pierre a décidé de se méfier. Il n’aime pas ce genre de type, balnéaire et bronzé. Et puis, pourquoi Philip n’arrive-t-il pas ? Pour lui tout alimente l’inquiétude, jusqu’à cette canicule qui entête, qui échauffe les corps avant les esprits. Jamais il n’a fait aussi chaud, jamais la mer n’est apparue aussi désirable et haute, juste là, en bas des marches, par où Philip arrivera.
(Extrait du 4ème de couverture)
Ce roman est un thriller, un roman à suspense, un roman à l'ambiance pesante. Dès les premières phrases, on pressent qu’il y a quelque chose… Quelque chose qui va arriver ? Quelque chose qui est déjà arrivée ? On ne sait pas… pas encore. Serge Joncour m’a mené par le bout du nez tout le long de son roman. Le suspense est très maîtrisé, je trouve. Serge Joncour joue avec les pensées et les suppositions de son lecteur, et j’adore !
L'écriture, aussi, est très intéressante, travaillée, et Serge Joncour joue énormément avec les mots. Un exemple : «
Deux ou trois pompiers moyennement éméchés, mélangeant allégrement les canettes de bière avec les tubes de feu [d’artifice], décapsulant l’un pour se siffler l’autre, ce qui parfois donnait des fusées à l’effet pour le moins éventé, un genre de bière d’artifice, des belles rouges qui giclaient mou, et une verte poussive qui rotait par là-dessus, et ainsi de suite jusqu’à ce que tout le monde se désole ou s’impatiente, guettant dans tout ça la dernière, chaque fois remise, presque espérée… »
Un petit bémol pour la fin, qui même après l’avoir relu deux fois, me laisse légèrement sceptique… En même temps, je pense que c’est ce que voulait Serge Joncour et que d’autres personnes peuvent adorer ce genre de fin !
Donc malgré ce petit bémol, c’est un roman que je vous recommande chaudement !
Liens+
Présentation du roman sur le site du Dilettante+ A noter que ce roman a été adaptée au cinéma en 2007 :
Site de l’adaptation cinématographique &
Allociné.com+ Retrouvez aussi Serge Joncour chez
Auteurs.tv : c’est vraiment un personnage que je trouve fascinant !
+ L’avis de
Lishbei, complètement différent du mien.
Photo Couverture : Amazon.fr(*) Edit de l'après-midi : En fait, ce n'est pas le
hasard qui m'a mis ce roman entre les mains, comme on me l'a fait si justement remarqué !
(Merci Tatiana !) Inconsciemment, je me suis tournée vers ce livre car il m'avait été vivement recommandé par 2 auteurs que j'apprécie (
David Foenkinos et
Tatiana de Rosnay), et que notre rencontre, à Pauline et moi, avec Serge Joncour m'avait marqué. Donc ce que j'ai pris pour du hasard n'en était pas en fait ! Ca tombe bien car en principe, je ne crois pas au hasard. :-)