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06 décembre 2007

La véritable histoire de mon père - Nicolas Cauchy

Vous vous souvenez de Nicolas Cauchy ? J'espère bien que oui, mais je vais quand même en remettre une couche, on ne sait jamais ! Donc Nicolas Cauchy est l'auteur de De manière à connaître le jour et l'heure. C'est son 2ème roman, qui est paru en août 2007 chez Robert Laffont. J'avais beaucoup aimé ce roman chorale ! Suite à ma lecture, je suis entrée en contact mailistique avec Nicolas et il avait gentiment accepté de répondre à mes 3 questions. Le café et la confiture sur les livres, c'est lui ! Et puis, il y a eu LA rencontre. THE rencontre. C'était samedi à Sciences-Po. Une super rencontre ! Et là, je réalise que tout cela, je vous l'ai déjà raconté LA !!!

Bon, allons donc à l'essentiel : je viens de lire le 1er roman de Nicolas Cauchy, La véritable histoire de mon père (Robert Laffont, février 2006).


Beaucoup de blogueurs et blogueuses (Tamara, Florinette, Thom, Laurence, Livrovore, Anne, Laure, Majanissa, etc.) ont déjà lu ce livre car Nicolas Cauchy avait lancé une initiative originale, une opération de marketing éditorial : il avait contacté plein de blogueurs en leur proposant de leur envoyer son livre en échange d'un billet sur leur blog. Etant donné le peu d'exemplaires à sa disposition, c'est seulement quelques-uns qui ont circulé, chaque blogueur laissant une trace sur le livre (J'adore ce concept !). A cette époque (fin 2006/début 2007), je débarquais à peine dans la blogoboule donc autant vous dire que je n'en avais pas du tout entendu parler !

Et là, je me suis enfin décidée à lire ce 1er roman.

Wouah ! Je dois dire que je me suis pris une bonne claque dans la tronche ! Je sais... cette expression n'est pas correcte. Mais c'est tellement ça !!! Je crois que cela faisait très très longtemps que je n'avais pas ressenti une telle chose. Alors oui, il y a eu la lecture de This is not a love song de JP.Blondel et de Qui se souvient de David Foenkinos ?. Dans chacun de ces deux romans, il y a un passage qui m'avait fait mal aux tripes. Un passage. Ici, dans le roman de Nicolas Cauchy, c'est TOUT le roman que j'ai trouvé fort et intense.

Maintenant, pourquoi ? Ah ah ! La question que j'adore... Celle qui me donne tant de mal... Mais je vais quand même essayer d'y répondre...

D'abord, il y a l'histoire. Une histoire noire et implacable (Je viens de voler ce mot au 4ème de couverture, tellement il me convient !). C'est celle de Simon, un homme d'une cinquantaine d'années, ayant réussi professionnellement, mariée à une femme plus jeune que lui, père d'une petite fille adorable, ayant encore énormément de charme, mais qui commet l'irréparable.

Dès le départ, on sait quel est ce geste, cette horreur que Simon a commise... On est avec lui, dans une Porsche qu'il vient de voler, et on fuit avec lui. Petit à petit, nous en apprenons plus sur cette homme, sa famille, son histoire et son geste. Jusqu'au dernier mot, grâce à ces morceaux de puzzle, Nicolas Cauchy m'a tenu en haleine. Si j'en avais eu la possibilité, j'aurais lu ce livre d'une traite !

Et - ô bonheur ! - en plus d'une histoire, il y a l'écriture de Nicolas Cauchy. La façon dont il nous raconte cette histoire. Une sorte de monologue où le narrateur s'adresse à Simon, en le vouvoyant. (Mais qui est-ce vous ? me suis-je demandée jusqu'à la fin, ou presque.) J'avoue être incapable de mieux décrire la forme de la narration utilisée par Nicolas. Mais cette forme-là, plus l'écriture de Nicolas que je trouve très maîtrisée pour un 1er roman (En même temps, pourquoi l'écriture ne serait pas maîtrisée dès un 1er roman ?), nous met dans un état tel... J'étais captivée !

Je viens d'aller faire un tour sur le billet de Thom qui a exprimé bien mieux que moi ce que l'on peut ressentir à la lecture du roman de Nicolas. D'ailleurs, je me sens très proche de l'expérience qu'il a vécu à la lecture de ce livre (Il fait aussi référence au mot implacable du 4ème de couverture !). Comme lui, la lecture de ce livre fut pour moi une Expérience.

Voilà donc un roman dont la lecture a été un vrai bonheur, intense, une lecture qui marque. Un vrai plaisir pour la lectrice que je suis.

Retrouvez aussi l'avis de Fashion Victim !


Bon, sinon... vous savez quoi ? J'ai pris une GRANDE décision. J'en ai longuement discuté avec David Foenkinos et nous sommes arrivés à un accord bilatéral.

Donc, d'abord, et avant toute chose, je tiens à vous rappeler que JAMAIS je ne reviendrai sur le titre d'Auteur Chouchou que j'ai attribué à David Foenkinos. Never ever. Il sera toujours le number one.

Mais j'ai décidé, après mûres réflexions, sachant que la polychouchougamie n'est pas interdite en France, d'annoncer officiellement que...


Nicolas Cauchy est mon Auteur Chouchou Bis ! (*)

Ca y est, c'est dit. :-)

PS : Merci Nicolas !

30 novembre 2007

Journal intime - Nathalie Rheims



Ce roman, j’avais envie de le lire car une petite pote à moi l’a trouvé magnifique. Alors quand j’ai appris que Nathalie Rheims serait présente à la Fête du Livre du Figaro Magazine, j’ai profité de l’occasion pour me l’offrir et le faire dédicacer par l’auteur.

Enterrer l’amour, lui construire un tombeau de phrases.
L’édifier au fil des pages.
Te faire une sépulture en forme de livre.
Ecrire ton nom sur la couverture :
« Ici repose celui que j’aime et qui a choisi de ne pas me suivre. »

Ce roman est le journal intime de la passion que Nathalie Rheims a vécu pendant 2 ans avec un homme qui n’était pas libre. Avec des mots d’une grande sensibilité, des expressions bouleversantes, qui touchent au coeur, elle nous parle de cet amour.

Il y a d’autres thèmes abordés comme ses parents – et notamment sa mère qui, en abandonnant son père, a abandonné sa fille aussi – et ce frère parti trop tôt.

Un autre thème abordé par Nathalie Rheims : l’écriture. Ce journal est une façon de faire vivre sa passion en l’absence de l’homme, de l’autre. Nous raconter en secret. C’est une façon d’exorciser cette passion qui lui fait mal. Nous suivons l’histoire de cette passion jusqu’au dernier mot qui, peut-être, l’aidera à s’en sortir.

Nathalie Rheims cite Pierre Pachet (un auteur français contemporain que j’ai envie de découvrir) :
L’écriture conserve, elle est le substitut de la mémoire ; et, en même temps, elle enterre parce qu’elle peut dispenser de garder le souvenir vivant en soi.

Un roman que je recommande de lire d’une traite pour être submergée par cette histoire et par l’écriture de Nathalie Rheims.

Un roman que je relirai de temps à autre car je pense ne pas en avoir encore tiré toute sa sève.


Photo Couverture : Editions Léo Scheer

05 novembre 2007

Il ne vous reste qu'une photo à prendre - Laurent Graff


Il ne vous reste qu'une photo à prendre.
Vous avez tout le temps que vous voulez.
Vous avez le choix de l'appareil.
Il s'agit, entendez bien, de votre dernière photo.
Laquelle prendriez-vous ?

L'idée est excellente - quelle photo prendriez-vous si c'était la dernière ? - et elle est très bien menée par Laurent Graff. Rien à dire. Il mène le lecteur sans problème dans cette quête de la dernière photo et il sait le surprendre avec ces dernières photos. Le thème du deuil est aussi abordé d'une façon très touchante.

Mais... mais... ben je ne sais pas, je ne me suis pas laissée entraîner dans cette histoire. Est-ce le côté étrange qui ne m'a pas plu plus que cela ? J'ai suivi le narrateur, Alain Neigel, dans son aventure, dans sa quête de la dernière photo, mais de loin, sans plus d'intérêt que cela.

De nouveau, un rendez-vous manqué ?

Retrouvez les avis plus enthousiastes de Clarabel la tentatrice, Tamara, Stéphanie, Eric, Dda du Biblioblog et Emeraude.

Et maintenant, je m'attaque - enfin ! - à Orgueils et Préjugés !

23 octobre 2007

Un effondrement - Ghislaine Dunant


« J’ai peur, seule, dans cette chambre. Personne n’est là, ne me voit pour me dire que je vis. »


Dans son dernier roman, Ghislaine Dunant nous parle de la dépression. Nous sommes en 1973 – mais cela, nous ne l’apprenons qu’à la fin – et la narratrice, dépressive, se retrouve dans une « maison de repos ». Elle nous livre des bribes de l’ « avant » et nous parle de son séjour dans cette maison.

Je ne pense pas que j’étais 100% disponible lors de la lecture de ce roman (je venais ENFIN de finir Autant en emporte le vent et j’avais hâte de partir à l’assaut de ma PAL québécoise !), ce qui forcément ne m’a pas aidé à « entrer dedans ».

En même temps, je n’ai pas trouvé dans ce roman l’émotion que j’aurais pu en attendre. Je pense que cette absence d’émotion m’a aussi empêché de vraiment être touchée par l'histoire de la narratrice.

Un rendez-vous manqué pour ma part ! Mais peut-être que ce roman trouve plus de résonance en des personnes qui ont connu la dépression de près ou de loin...

« Je crois avoir connu cet état de « l’hésitation avant la naissance », comme le nomme Kafka le 24 janvier 1922 dans son Journal. Je ne sais pas ce que recouvrait pour lui cette expression saisissante, je la garde parce qu’elle dit l’incertitude et le danger, la peur et l’urgence, la nécessité de vivre et qu’il est possible de reculer devant la nécessité de vivre. »

Retrouvez l'avis de Cathulu et de Cuné !

Photo Couverture : Amazon.fr

08 septembre 2007

La vengeance d'Emily Greenwell - Anthony Drakehurst

Voici le 2ème roman publié par les éditions Nicholson & Partners.




Je me permets de recopier le 4ème de couverture car je trouve qu'il présente très bien l'histoire de ce roman.

4ème de couverture

Angleterre, 1649...

La guerre civile fait rage. L'avenir d'Emily, jeune fille de la gentry désargentée de province, semblait orchestré. Une brève et intense histoire d'amour avec Francis Villiers, frère du duc de Buckingham, va bouleverser son existence. Son amant, tué par le général parlementaire Cromwell, étoile montante de la future République d'Angleterre, restera gravé dans son coeur pour des années. Obstinée, téméraire, opportuniste, Emily s'émancipera courageusement et courra tous les risques pour parvenir à ses fins : tuer de ses propres mains Cromwell, qui détient désormais le pouvoir absolu.

Cette année-là, lorsque son destin croise celui de Paul de Batz-Castelmore, elle ne se doute pas qu'elle reverra ce bouillonnant baron gascon, frère du mousquetaire Charles d'Artagnan qui vient de lui sauver la mise. Obsédée par sa vengeance, trois années se succéderont après cette rencontre pendant lesquelles elle guettera l'opportunité d'abattre de sang-froid Cromwell, en particulier en nouant une relation ambivalente et intime avec l'épouse du Major Général Lambert, bras droit de Cromwell.


Mon avis

Après tous ces livres aux histoires contemporaines, quel plaisir de se retrouver au 17ème siècle ! (Comme Tamara avec Angélique)

Je lis très peu de romans historiques (voire même... jamais !) et je suis très contente d'y avoir goûté grâce à Anthony Drakehurst. Je me suis laissée emportée par l'histoire d'Emily. J'ai ainsi pu découvrir l'histoire de l'Angleterre au 17ème siècle et le personnage de Cromwell. Anthony Drakehurst s'est attaché à bien expliquer tout le contexte historique, aussi bien en Angleterre qu'en France. Sans que ce soit lourd à lire ! J'ai aussi croisé des personnages célèbres comme d'Artagnan, le cardinal Mazarin, Anne d'Autriche et le futur Louis XIV. Il y a aussi plein de "seconds rôles", mais qui vont finalement tous se révéler très importants. J'avoue d'ailleurs que plusieurs fois, je me demandais pourquoi l'auteur nous parlait de ce qui se passait en France avec le cardinal Mazarin et la régente, ou pourquoi on suivait le parcours de tel ou tel personnage. Et puis finalement, tout s'est révélé important pour l'histoire d'Emily !

Une mention spéciale pour le personnage de Paul de Batz-Castelmore, le frère de Charles d'Artagnan : un vrai héros gascon, plein de charme, d'humour et de bravoure, que je retrouverais bien dans d'autres aventures. (Je pense qu'on pourrait envisager un badge : "I love Paul de B. !")
Et une autre mention spéciale pour le personnage de Frances Lambert, une femme libre et pleine de vie, une femme de tête, et surtout une fidèle amie.

En conclusion : si vous avez envie d'aventures, d'intrigues, d'espionnage, d'aaaaaamour, d'Histoire avec un grand H, de capes et d'épées, lisez La vengeance d'Emily Greenwell !


Retrouvez aussi l'avis de Choupynette et de Katarina Nicklaus, auteur d'Une coïncidence inévitable.


Site Internet d'Anthony Drakehurst : http://www.drakehurst.com/
Anthony a participé à ma rubrique Trois questions à...

Photo Couverture : Site d'A.Drakehurst

02 septembre 2007

Hors-Jeu - Bertrand Guillot

4ème de couverture

« Nous avions vingt-deux ans, une grande carrière s’ouvrait devant nous. Dominants nous étions et Dominants nous resterions, la vie n’était qu’un jeu d’enfant et le monde n’avait qu’à bien se tenir. Je ne pensais pas qu’il tiendrait si bien. »
ch
Jean-Victor a manqué une marche dans sa fulgurante ascension professionnelle. Il a promis à ses frères Dominants une revanche éclatante. Son pari : gagner un jeu télévisé – et avec la manière. Mais en zone non-frimeurs, les règles du jeu sont différentes.


Mon avis

Comment ne pas aimer un roman où un des personnages s’appelle Caroline et où le foot y tient un rôle (petit (pour ne pas effrayer ceux et celles qui détestent le foot !)), mais surtout, dans lequel l’auteur reconnaît la suprématie de l’Olympique Lyonnais (*) ?


« Je n’ai pas gagné le championnat. Lyon était trop fort. »


Rassurez-vous, mon avis sur un roman ne dépend pas de ces quelques détails ! (Mais il me serait quand même très dur d’aimer un livre où le PSG serait considéré comme L’Equipe française la meilleure au monde !)

Alors oui, j’ai aimé Hors-Jeu ! Ouf, aurais-je tendance à dire ! Car oui, j’ai quand même beaucoup parlé de ce livre avant même de l’avoir lu… donc c’est rassurant de savoir que tout ce que j’ai fait, ce n’était pas pour rien puisque ce livre vaut le coup !

J’ai beaucoup aimé le style de Bertrand Guillot ! Ca se lit tout seul et c’est très agréable à lire. Et c’est très drôle ! Fourré de petites phrases qui m'ont tiré un énorme sourire. Et puis il y a plein de jeu dans l’écriture : des notes de bas de page, des annexes où l’on trouve des questions du jeu et des moments où l’auteur s’adresse directement au lecteur. Ce sont plein de petits détails utilisés sans en abuser qui me plaisent beaucoup !

J’ai suivi avec beaucoup d’intérêt les aventures de Jean-Victor Assalti. J’ai quand même subi un petit coup de mou (aux environs de la page 185, pour ceux qui auraient le bouquin sous la main), mais j’ai ensuite suivi avec de nouveau énormément d’intérêt la participation de JV au jeu télévisé La Cible. On se croirait sur le plateau, en compagnie d’Olivier Mine (et ses bras sur-musclés !), à attendre que la caméra se braque sur nous ! J’avoue avoir été un peu déçue par le final du jeu. Mais… bah oui, finalement cette fin qui m’avait légèrement déçu a été compensée par l’épilogue ! Excellent !

Donc, pour résumer : une écriture que j’adore et un roman très drôle.
Donc IL FAUT LE LIRE !

Une mention spéciale pour l’objet-livre dont j’aime beaucoup la texture et le format !

(*) Oui, j’aime le foot et ce, depuis environ 15 ans ! Un amour qui est né afin que je puisse participer aux conversations de lendemain de championnat avec mes copains du lycée.


Retrouvez aussi les avis de Clarabel, Chiffonnette, Emeraude, Fab’shion, Laurence, Stéphanie, Tamara, A.D. et Mandor (avec des photos de l’auteur !).
Et je vous invite à lire l’interview de Bertrand par Laurence et les réponses de Bertrand à mes 3 questions.


A propos de l’auteur

Bertrand Guillot a trente-trois ans, de près il paraît plus petit. On lui prédisait un bel avenir dans de grandes entreprises pour faire gagner la France, mais… Hors-Jeu est sont premier roman, pas le dernier. (Source : 4ème de couverture)


Message personnel pour l’auteur :
J’espère que tu as déjà commencé à réfléchir à ma dédicace… :-)


Photo Couverture : Le Dilettante

01 septembre 2007

La physique des catastrophes - Marisha Pessl

Ce livre fait partie des livres reçus dans le cadre de la sélection adhérents de la Rentrée Littéraire Fnac 2007.

J’avais commencé mes devoirs de lecture pour la Fnac avec Villa des hommes de Denis Guedj. Après avoir abandonné sa lecture en cours de route, je me suis mise à la lecture de La physique des catastrophes, le premier roman de l’auteur américain, Marisha Pessl.



Ce pavé de plus de 600 pages raconte l’histoire de Bleue van Meer, une adolescente américaine de 16 ans, qui se balade dans tous les Etats-Unis avec son père, Gareth, depuis la mort de sa mère. Pour sa dernière année de lycée, son père a décidé de rester une année entière dans la même ville, Stockton, en Caroline du Nord. C’est cette année-là qu’elle nous raconte.

Je dois avouer que jusqu’à la 398ème page, je me suis presque embêtée… et puis à partir de cette page, où un événement majeur se passe (ne lisez pas le 4ème de couverture si vous voulez la surprise !) et tout bascule, tout s’emballe et tout se dénoue (avec force de révélations !) en environ 200 pages. Mais avant, il a fallu y arriver et j’ai peiné. Et puis la fin, bien que bien remplie, ne m’a pas emballé… Je n’ai pas eu toutes les réponses à mes interrogations. Je pense que cela plaira à certains, mais moi, je n’aime pas ce genre de fin.

Malgré cela, je pense que ce livre mérite sa place dans la sélection Fnac (à l’heure où j’écris ces lignes, je ne connais pas encore la sélection finale) car le style de Marisha Pessl est original ! Le récit de la narratrice est truffé de références (peut-être un peu trop, malgré tout…), que ce soit à des films américains, à de la littérature, à des personnalités connues, à des théories, etc. Et puis la narratrice fait plein de comparaisons originales et drôles ! J’avoue avoir souri plusieurs fois à la lecture de certaines. Il y a un style Marisha Pessl et c’est pourquoi elle mérite d’être découverte.

Je pense que ce livre va faire parler de lui en France car il apporte de la nouveauté avec le style original de Marisha Pessl !


La 1ère phrase

« Papa disait toujours qu’il faut une sublime excuse pour écrire l’histoire de sa vie avec l’espoir d’être lu. »


A propos de l’auteur

Agée de vingt-sept ans, Marisha Pessl a grandi à Asheville, en Caroline du Nord. Elle est diplômée de l’université Columbia et vit maintenant à New-York. La physique des catastrophes est son premier roman. Il a été sélectionné par le New York Times Book Review parmi les cinq meilleurs romans de l’année 2006 et a reçu de nombreux prix littéraires.
(Source : 4ème de couverture)


Photo Couverture
: Amazon.fr

30 août 2007

Qui se souvient de David Foenkinos ? - David Foenkinos


Voilà ! Ca y est. On y est. C'est le jour J. Le jour de la sortie du nouveau roman de David Foenkinos, Qui se souvient de David Foenkinos ?

Je me suis longtemps (enfin toute la journée, en fait) demandée comment j'allais en parler... Bah oui, ce n'est pas un roman comme les autres. C'est un roman que j'ai attendu pendant un ch'tit moment, tout de même. C'est aussi un roman dont je vous ai beaucoup parlé avant même de l'avoir lu. Mais surtout, c'est le nouveau roman de mon auteur chouchou. Donc forcément j'en attendais beaucoup... Je dois avouer que, une fois que je l'ai eu entre mes mains, une angoisse a commencé à résonner en moi : "Et si je n'aimais pas ce nouveau roman ?" Car oui, ce n'est pas parce que David Foenkinos est mon auteur chouchou que je vais aimer tous ses livres. Le style peut changer... on peut ne pas accrocher à l'histoire, aux personnages... Beaucoup trop de choses entrent en jeu pour être sûr à l'avance d'aimer un nouveau roman d'un auteur qu'on affectionne tout particulièrement.

J'avais donc le trac au moment de commencer la lecture de ce roman... Mais finalement, je me suis lancée et je me suis dit : "Lis ! Profite ! On verra bien après.".


« Je ne sais pas si certains d'entre vous se souviennent de moi. Il y a quelques années, j'ai publié Le potentiel érotique de ma femme. Ce roman, traduit dans de nombreuses langues, avait obtenu un réel succès. J'étais alors dans la promesse. Pourquoi les choses ont-elles si mal tourné? Depuis ce succès qui s'efface des mémoires, j'ai publié quatre autres romans et tous sont passés inaperçus. J'ai tenté d'analyser les raisons de mes échecs, mais il est impossible de comprendre pourquoi l'on devient invisibile. Serais-je devenu médiocre? Suis-je trop allé chez le coiffeur? Pourtant, je dois absolument m'acrrocher : bientôt, une fabuleuse idée de roman va surgir en moi. Bientôt, je serai nouveau propulsé parmi les auteurs vivants. Enfin, on va se souvenir de moi. »

Autant qu'on aborde tout de suite la question du personnage du roman. Oui, David Foenkinos est le héros de son propre roman. Oui, il parle de lui. C'est un scénario catastrophe : David Foenkinos, quelques années après le succès du Potentiel érotique de ma femme, n'est plus grand chose. Alors, que déjà il est devenu invisible, voila-ti pas que l'inspiration le quitte. Dans ce roman, David Foenkinos aborde la réaction de l'écrivain face à la perte d'inspiration... puis ensuite, on part à la recherche de l'idée perdue. Je suis sure que vous allez me dire : mais pourquoi avoir choisi David Foenkinos ? Pourquoi ne pas avoir créé un écrivain de toute pièce ? Je ne sais pas, mais je vais m'empresser de poser la question à mon auteur chouchou. (D'un autre côté, si David Foenkinos avait créé un écrivain de toutes pièces, on l'aurait forcément comparé à lui !) Pour finir sur ce sujet, moi, j'ai trouvé cela plutôt drôle que mon auteur chouchou soit le héros de son roman et je trouve que c'est comme un clin d'oeil. Ca m'amuse ! (Mais je suis sure que plein de gens vont y trouver à redire... niark ! niark ! niark !)

Alors alors, ce n'est pas tout ça, mais moi, comment l'ai-je trouvé ce roman ? (Car c'est un peu ce pour quoi vous êtes là...)

Je vais me permettre de recopier ici une partie du mail que j'ai envoyé à David Foenkinos :

« Je viens de vivre un moment réellement magique. Une passivité interrogative, suivie d’une angoisse, puis une émotion intense, suivie d’une délivrance : oui, j’ai aimé le dernier roman de David Foenkinos ! »

Bon, je vous vois sourire. :-) Vous devez penser que je me suis un peu enflammée... Et pourtant, non. C'est vraiment le résumé de mon ressenti de ce roman. Je vous explique... (pour que vous compreniez le truc du moment réellement magique !)

Ma passivité interrogative concerne le début du roman. Je lisais... je lisais... je lisais... mais voilà... ... ... ... J'ai même commencé à me demander si finalement, ce roman tant attendu n'était pas à la hauteur de mes espérances. Je ne retrouvais pas l'humour que j'aime tant du Potentiel érotique de ma femme, j'étais même parfois agacé par l'attitude du héros... J'étais carrément déstabilisée, je dois bien vous l'avouer ! - angoisse - Et puis là, à un moment précis (page 108 !), notre héros est confronté à un événément qui va le bouleverser et le faire changer de comportement. Ce passage, comme dans This is not a love song de Jean-Philippe Blondel, m'a pris aux tripes et a été un moment clé pour moi. - émotion intense - Après ça, j'ai été captivée par les aventures du héros, qui part dans une recherche effrénée, à la recherche de son idée perdue (j'utilise beaucoup cette expression car j'ai entendu David Foenkinos dire que ça avait failli être le titre du roman !). Jusqu'à la fin qui m'a conquise ! - délivrance -

Voilà... Je ne sais pas si je suis bien arrivée à vous faire comprendre ce que j'ai vécu à la lecture de ce roman et pourquoi j'ai donc dit que ce fût un moment magique pour moi ! Ressentir des émotions de ce genre juste en lisant un bouquin m'impressionne toujours !

Je sais que tout cela, tout ce ressenti, provient en grande grande partie du fait que, un jour, j'ai décidé que David Foenkinos serait mon auteur chouchou. Si David Foenkinos n'avait été qu'un auteur que j'apprécie, peut-être n'aurais-je pas vécu cette lecture de cette façon-là. Et puis, je suis sure que plein d'autres gens vont ressentir leur lecture de ce roman totalement différemment ! Je me demande même comment sera ma deuxième lecture de ce roman. Car oui, plus la date du 30 août approchait et plus j'ai eu envie de le relire ! Après avoir écrit ce billet, j'ai définitivement envie de le relire. Soit demain, soit pendant mes vacances.

Alors sinon... pour ceux et celles qui sont normaux et qui ont déjà lu des romans de David Foenkinos. :-) Ce roman, pour moi, marque un tournant, ou au moins une évolution, dans son style. Ne comptez pas vous marrer comme une baleine ou au moins, sourire, en lisant certaines des loufoqueries que l'on peut trouver dans ses précédents romans. Ici, David Foenkinos nous livre moins de fantaisie et d'absurdité (il le dit lui-même). Il nous parle plus d'amour. Car même si le roman tourne autour de la panne sèche de l'écrivain, c'est aussi un roman qui nous parle (surtout ?) de femmes (et notamment d'une femme suisse au cheveu lisse (je cite encore David !)) et d'amour. Donc à lire en sachant que cela va être différent. Car finalement, qu'est-ce qui m'a déstabilisé au début de ma lecture ? C'est justement le fait que je ne retrouvais pas le style foenkinesque que j'attendais... et c'est aussi pour cela que je veux le relire, car je porterai alors un autre regard sur cette première partie.

Voilà ! Je crois que je vais m'arrêter là car j'ai été très bavarde... Je dois vous avouer que mon but n'est pas de vous faire lire le nouveau roman de David Foenkinos à tout prix. Je ne veux pas entendre de "Caro[line] m'a forcé !". :-) Pour ma part, ce roman m'a touché et j'aime beaucoup le changement de cap qu'a pris David Foenkinos. J'ai aimé aussi le fait qu'il me surprenne avec sa belle fin. Pour cela, oui, lisez-le ! Mais pas parce que je vous ai forcé. :-)



Eux aussi ont lu Qui se souvient de David Foenkinos ? : Amanda, Brice Depasse, Culture Café, Emeraude, Fashion Victim, Stéphanie, Tamara, Thibault Malfoy, Virginie (du Grimoire).

29 août 2007

Le privilège des rêveurs - Stéphanie Janicot

Présentation de l’éditeur

Abandonnée enfant par une mère engagée dans l’armée israélienne, élevée par sa grand-mère, recueillie par Caleb, Salomé Steiner, devenue écrivain s’est réfugiée dans la création littéraire.

Caleb, entraîneur vedette des Giants, a rencontré Salomé vingt ans auparavant alors qu’elle débarquait de Paris avec son jeune frère Guillaume. Il l’a épousée, adoptant Guillaume dont il a fait une superstar du base-ball. Alors qu’il vient de fêter une victoire à laquelle il ne croyait plus, il provoque un accident de voiture dont il ressort handicapé.

Cet accident bouleverse la donne familiale, équilibre fragile entre Caleb, Salomé et leur fille Judith. Chacun, tour à tour, livre son point de vue et révèle ses failles, ses espoirs, ses fragilités, les rencontres nouvelles qui l’entraînent loin du noyau familial.

Famille éclatée, difficulté d’aimer, répétition au travers des générations des mêmes blessures… autant de thèmes récurrents dans l’œuvre de Stéphanie Janicot qui se déploient en arabesques et tissent une trame aussi émouvante que maîtrisée.


Mon avis

Voici un roman dont j’ai l’impression d’être totalement passée à côté !

J’ai eu cette sensation après avoir comparé mes impressions à celles de Laurence. En effet, contrairement à elle, l’effet de surprise des derniers chapitres a été plutôt mauvais pour moi. J’avoue que c’est seulement après en avoir discuté avec Laurence que j’ai réalisé la signification de la phrase du 4ème de couverture : « Tout rêve est cannibale. Que faut-il accepter de perdre pour réaliser son rêve ? » Donc forcément, au moment de la lecture, ces derniers chapitres m’ont déstabilisé, dans le mauvais sens, car je ne voyais pas du tout où l’auteur voulait en venir.

En réfléchissant après coup, c’est sûr que maintenant, les derniers chapitres prennent tout leur sens. Mais alors, j’aurais préféré que cette partie-là soit beaucoup plus développée, que nous nous y attardions plus. (Ainsi que les pages relatant l'événement qui amène à ces derniers chapitres (peut-être que ceux qui l’ont lu verront de quoi je veux parler car j'ai vraiment eu l'impression que l'auteur le survolait...), mais je ne peux pas en dire plus sinon cela enlève tout effet de surprise !)

Comment expliquer que je n’ai pas saisi la finalité du roman ? J’essaie de comprendre… Je pense que cela vient du fait que les personnages de Stéphanie Janicot ne m’ont pas touché plus que ça. Je les ai suivis dans leur histoire, mais sans m’y attacher. Alors si on ne s'attache pas aux personnages, leurs histoires et ce qu'il leur arrive ne nous touchent pas pareil. Voici donc ce que je pense être un début d’explication…

Sinon la construction du récit est intéressante puisque tour à tour, les trois personnages de cette drôle de famille, Caleb, Salomé et Judith, nous racontent l’histoire. Comme vous le savez déjà, j’aime beaucoup ce genre de construction !

Je suis impatiente d’entendre encore d’autres avis sur ce roman !
Retrouvez déjà l'avis de Clarabel, Gachucha et Laurence.


Site Internet de Stéphanie Janicot : http://www.stephanie-janicot.com/


Photo Couverture : Albin Michel

27 août 2007

Dernière morsure - Ariane Fornia

Voici la 1ère page où Ariane Fornia nous présente le sujet de son livre et qui, je trouve, le résume très bien :

« Lectrice, lecteur, je t’invite à découvrir cette espèce qui prolifère mais reste méconnue : les adolescents. Mes qualifications ? Dix-huit bougies sur le gâteau d’anniversaire et plusieurs années de pèlerinage en terre acnéique, de fêtes qui s’achèvent en orgies cannabiques, de collèges et lycées, de port de fringues innommables, d’échanges virtuels et de rêveries romantiques.

La visite commence par un abécédaire, de A comme Ado à V comme Vague à l’âme en passant par L comme Look. Une fois situés les points cardinaux de la jungle juvénile, je me ferai cobaye pour te présenter une vie de lycéenne entre rites de passage, amour et vertige… N’espère pas une analyse objective et scientifique de nos amis les jeunes : je suis toujours une sale gosse, et je mords. Être pénible, c’est le plus grand plaisir de l’adolescence. Autant en profiter, puisqu’elle touche bientôt à sa fin.
»

Voici un roman drôle et mordant sur les adolescents ! Ariane Fornia n’a pas la langue dans sa poche et c’est avec plaisir et beaucoup d’amusement qu’on lit ses chroniques sur l’adolescence, les adolescents et sur sa propre adolescence. J’ai été très surprise par la maturité de son écriture, mais aussi de ses propos (je vous rappelle qu’elle n’a que 18 ans !).

Ariane Fornia a déjà écrit un livre, Dieu est une femme, un recueil de chroniques, alors qu’elle avait 14 ans (oui oui !). C’est une grande lectrice et l’écriture est pour elle très importante : « Je sens bien qu’il m’est impossible de cesser d’écrire. » J’ai beaucoup aimé le chapitre qui traite de tout cela, appelé Lire et écrire : son premier roman et « [sa] longue existence médiatique (comprenez : les trois semaines après la sortie de [son] bouquin, durant lesquelles on [l]’a encensée ou incendiée avant de [l]’oublier totalement », ses lectures et surtout le passage sur son besoin vital d’écrire.

Et pour finir, un extrait que je dédicace à toi, Fab’shion :-)

« Les profs, d’ailleurs, sont les pantins de nos scénarios délirants : rien de plus fascinant que leur vie secrète ! Nous avons du mal à concevoir qu’ils soient autre chose que des marionnettes sorties de leur boîte à chaque cours et conservées dans un lit de copies le reste du temps, et l’idée qu’ils puissent appartenir à quelqu’un d’autre qu’à leurs élèves bien aimés nous choque terriblement. Ainsi, la moindre information a un parfum de scandale. « Elle a un mari ?? Noon… Raconte, raconte ! » « Tu l’as vu en ville samedi après-midi ? C’est vrai ? Mais qu’est-ce qu’il pouvait bien y faire ? » Qu’un paparazzi de l’autre classe raconte qu’il a vu la prof de maths dans un magasin de vêtements, et le moulin à fantasmes s’emballe. Qu’a-t-elle acheté ? Pour quoi, pour qui ? Peut-être a-t-elle une seconde vie ? C’est pour ça qu’elle a mis du temps à corriger les derniers devoirs ! »


Retrouvez l'avis de Laurence.

Allez aussi sur le blog d'Ariane Fornia où on retrouve avec plaisir sa plume !


Photo Couverture : Fnac.com

26 août 2007

couronnes boucliers armures - Louise Desbrusses


Présentation de l’éditeur

Les Deux Sœurs savent ce qui compte. Les Deux Sœurs savent ce qu’il faut. Les Deux Sœurs savent qu’il faut toujours être mieux que les autres, au-dessus, sinon on est moins bien. Tôt elles l’ont appris. Pour l’Aînée qui jamais n’aime rien laisser au hasard, la tâche est ardue tous les jours. Elle l’est ce matin plus encore s’il se peut. Pour l’Aînée. La Seconde, elle, tente aujourd’hui de relever un nouveau défi.

On aura reconnu dans ce bref résumé le style inimitable de Louise Desbrusses dont voici le deuxième roman. Il raconte une journée dans la vie de trois femmes, une mère et ses deux filles. Une journée particulière en ceci qu'elles se rendent à une réunion familiale où elles se sont fait l'obligation de tenir ce qu'elles croient être leur rang et de marquer en même temps que leur supériorité leur différence vis à vis d'une parentèle qui, pour d'obscures raisons serait censée les mépriser. Une journée particulière aussi parce que « la Seconde » va en saisir l'occasion pour se libérer du carcan sous laquelle la maintiennent mère et sœur.


Mon avis

On m’avait prévenu : le style est « spécial », il faut s’accrocher…

Alors oui, le style de Louise Desbrusses est particulier. Des phrases très courtes, qui ne sont pas structurées (du type sujet-verbe-complément-point). Ce qui entraîne un rythme saccadé et incisif. Tout ce que je n’aime pas. D’habitude. Car là, oui, je me suis accrochée et finalement je suis arrivée à apprécier ce style. Car une fois passée la première impression de « non structuration » grammaticale comme nous en avons l’habitude, j’ai découvert une musique, un rythme qui m’a mené tout le long de l’histoire. C’est assez remarquable.

Bon, je ne dis pas que, désormais, j’adore ce genre d’écriture ! Mais dans le cas de ce roman, oui, je l’ai aimé. Car le style colle à l’histoire. Cette histoire d’une mère – Mère – et de ses deux filles – l’Aînée et la Seconde – mises à l’écart et qui se mettent à l’écart de la famille de Père. Nous les suivons lors de cette réunion familiale, où tous les membres de la famille de Père sont réunis autour des Vieux. Chacune à leurs tours, Mère, l’Aînée et la Seconde, vont nous raconter l’événement et nous livrer leurs pensées. En même temps, nous assistons à l’évolution de la Seconde, qui tente de se libérer des chaînes familiales qui l’entravent depuis toujours.

Ah ! Et oui, il y a une autre particularité dans ce roman : aucun personnage n’est cité par son prénom. Il y a Mère, Père, l’Aînée, la Seconde, les Vieux, Tante Jeune, l’Endive et l’Endivon, Oncle d’Amérique, Femme Invisible, Pièce Rapportée Récemment, etc.

Voilà donc une belle découverte !!!


Deux extraits

« Le plus grand danger toujours vient de soi, sait d’un savoir récent la Seconde. Prudente, elle va être. Un poison, même à petites doses, sa nouvelle peau ne le supporterait pas. Trop fraîche. Fine. Fragile donc, sait d’un savoir ancien la Seconde. Car sans peau, elle est née. C’est sa maladie, à la Seconde. Maladie grave. Naître sans peau n’est pas fait pour la guerre. » (p.18)

« La dernière, préférerait la Seconde qui maintenant sait de savoir sûr que la vie est une épreuve amère pour les sans-peau, la Seconde qui s’est promis de ne jamais laisser, non jamais plus, quiconque, et surtout pas elle, abîmer sa nouvelle peau. » (p.19)


A propos de l’auteur

Louise Desbrusses est née un 3 avril des souvenirs épars d’un temps qu’elle n’a pas vécu. Louise, croit-elle, est née Desbrusses. Un 3 avril. Souvenir parmi les souvenirs du temps présent. Le 3 avril a vu naître, prétend Louise Desbrusses, le souvenir du temps à venir, temps de venir, devenir, revenir. Ici. Ou là.
(Source : Editions P.O.L)


Photo Couverture : Amazon.fr

25 août 2007

Zoli - Colum McCann


Présentation de l’éditeur

Tchécoslovaquie, 1930. Sur un lac gelé, un bataillon fasciste a rassemblé une communauté tzigane. La glace craque, les roulottes s’enfoncent dans l’eau. Seuls en réchappent Zoli, six ans, et son grand-père, Stanislaus.

Quelques années plus tard, Zoli s’est découvert des talents d’écriture.
C’est le poète communiste Martin Stransky qui va la remarquer et tenter d’en faire une icône du parti. Mais c’est sa rencontre avec Stephen Swann, Anglais exilé, traducteur déraciné, qui va sceller son destin. Subjugué par le talent de cette jeune femme, fasciné par sa fougue et son audace, Swann veut l’aimer, la posséder. Mais Zoli est libre comme le vent.

Alors, parce qu’il ne peut l’avoir, Swann va commettre la pire des trahisons…

Des plaines de Bohême à la France, en passant par l’Autriche et l’Italie, des années trente à nos jours, une magnifique histoire d’amour, de trahison et d’exil, le portrait tout en nuances d’une femme insaisissable. Porté par l’écriture étincelante de Colum McCann, Zoli nous offre un regard unique sur l’univers des Tziganes, avec pour toile de fond les bouleversements politiques dans l’Europe du XXe siècle.



Mon avis

C’est le 1er roman de Colum McCann que je lis. C’est un auteur que je découvre sur recommandation de Monsieur Sauvage ! (Merci !)

Commençons par ce qui ne m’a pas plu, histoire d’en être débarrassé ! Il y a différents narrateurs dans ce roman et j’ai trouvé leur façon de raconter un peu fouillis. J’ai eu souvent du mal à suivre les personnages et leurs faits et gestes. Je n’ai même pas tout compris, des phrases, des moments. J’ai donc eu une sensation de flou qui m’a souvent gêné. -- Fin du « Je n’ai pas aimé… » ! --

Par contre, je dois reconnaître qu’il y a un style, une patte. L’écriture de Column McCann est belle, pleine de très jolies phrases. Comme toujours, le mieux est de vous livrer un extrait :

« Je dors dans une petite pièce où le coin de ciel à la fenêtre est devenu mon ami. D’un bleu ordinaire la journée, il révèle le soir que la roue de l’univers est toujours en mouvement. Spectacle fascinant lorsque la nuit est claire, chaque fois comme la première, quand l’étoile du berger apparaît dans le cadre et reste suspendue. Un moment. »

En conclusion, malgré ces moments un peu flous, j’ai découvert un style qui me donne envie de continuer avec Colum McCann. J’enchaînerai donc (mais pas tout de suite) avec Les saisons de la nuit, roman apporté par Jos du Livrophile lors du pique-nique de la blogoboule, récupéré par Christian Sauvage, qui finalement me l'a offert puisqu'il l’avait déjà !

Je vous recommande d’aller sur le site Internet des éditions Belfond pour découvrir un entretien de l’auteur, où il nous explique comment lui est venu l’idée de ce roman et comment il a procédé pour découvrir le monde des roms. (J'ai crû comprendre que Colum McCann s'investit à chaque fois énormément (physiquement, notamment) dans le monde dans lequel se passe le roman qu'il souhaite écrire.)


A propos de l’auteur

Né à Dublin en 1965, Colum McCann est l’auteur de trois romans, Le Chant du coyote [Marval, 1996 - 10/18, 1998], Les Saisons de la nuit [Belfond, 1998 - 10/18, 2000] et l’inoubliable Danseur [Belfond, 2003 - 10/18, 2005], et de deux recueils de nouvelles, La Rivière de l’exil [Belfond, 1999 - 10/18, 2001] et Ailleurs, en ce pays [Belfond, 2001].
Passionné de voyages, il vit aujourd’hui à New York avec sa femme et leurs trois enfants.
(Source : Editions Belfond)


Photo Couverture : Editions Belfond

24 août 2007

De manière à connaître le jour et l'heure - Nicolas Cauchy


Présentation de l’éditeur (extrait)

Dimanche 21 juin, dans un bel hôtel particulier parisien, toute la famille est rassemblée autour de Jean, le père, pour fêter ses cinquante-quatre ans : Sophie, sa femme discrète et fidèle, Pierre, son fils et bras droit en affaires, avec sa femme et leurs deux fils, le bel Alexis et son épouse Amélie, enceinte jusqu’aux yeux, et leurs deux fils, et enfin Guillaume, le petit dernier, brillant et cynique. On trinque à Jean et au Big Deal, le magistral coup financier qu’il vient de signer et qui met sa descendance à l’abri, si besoin en était, pour plusieurs générations.Samedi 27 juin, tout le monde est de nouveau réuni – cette fois autour du cercueil de Jean.


Mon avis

J’ai adoré la façon dont le roman est construit ! C’est un « roman chorale » où les différents membres de la famille, de Jean à Sophie, en passant par leurs enfants et leurs belles-filles, ainsi que le mystérieux Gabriel, vont tour à tour nous raconter la journée du 21 juin et la journée du 27 juin. Petit à petit, l’histoire de cette famille va nous être dévoilée. (*) En apparence, cette famille plutôt aisée semble heureuse et soudée. Petit à petit, on en saura plus sur tous les membres de cette famille, sur ce couple – Jean et Sophie – qui est à la tête de cette famille, sur leurs enfants, et sur les blessures de chacun. C’est très réussi !

(*) Cette construction du récit rappelle beaucoup celle d’Une pièce montée de Blandine Le Callet.


A propos de l’auteur

Nicolas Cauchy
est né en 1967. Diplômé d’une école de commerce et de l'École du Louvre, il a travaillé à l'Opéra de Paris, écrit pour la revue Classica et la presse d'entreprise, avant d'intégrer une agence de marketing.
Après La Véritable Histoire de mon père, De manière à connaître le jour et l’heure est son deuxième roman.
(Source : Editions Robert Laffont)

Site Internet de Nicolas : http://www.nicolascauchy.com/

Nicolas a accepté de participer à ma rubrique Trois questions à... C'est ICI !

Photo Couverture : Editions Robert Laffont

23 août 2007

This is not a love song - Jean-Philippe Blondel

Cela fait quelques mois que je souhaite lire un roman de Jean-Philippe Blondel. En fait, depuis que Flo a parlé de Passage du Gué. Puis entre temps, j’ai rencontré Laurence (de Biblioblog) qui est une inconditionnelle de cet auteur et elle m’a encore plus donné envie de le lire.

Ben voilà, ça y est, c’est fait !

Je viens donc de lire son 6ème roman, This is not a love song.

« Il m’a fallu Susan pour m’arracher à Etienne et à la lose. » Susan était sa dernière chance, il l’a suivi en Angleterre et il s’en est sorti : il a fondé une famille et monté sa propre société. Puis, (un peu) contraint et forcé, il revient en France passer une semaine chez ses parents. Et là… je m’arrête pour vous laisser le plaisir de découvrir par vous-même cette semaine que le narrateur passe chez ses parents, en France.

Cette première rencontre avec Jean-Philippe Blondel est une réelle découverte ! J’ai été happée par son écriture, sa façon de raconter les choses. C’est fort. Ca m’a pris aux tripes. Mais vraiment. Je ne sais pas comment vous expliquer le moment où j’ai ressenti cela. Car oui, j’ai lu un paragraphe et là, tout d’un coup, cela m’est tombé dessus, je l’ai ressenti en moi, comme un mal de ventre donné par une angoisse. Les tripes qui se serrent. C’était terrible ! C’est fort quand on en arrive là en lisant ! Quel plaisir pour un lecteur ! Pour moi, c’est une sorte d’apothéose de la lecture !

Je vous recommande de commencer ce livre en ayant du temps devant vous, rien qu’à vous car c’est le genre de livre qu’on ouvre et qu’on ne referme qu’à la fin. Car on est dedans, on suit, on vit, on ressent, on veut savoir, on veut aller jusqu’au bout. On est absorbé par le livre, il nous happe et qu’on ne souhaite pas en ressortir avant la fin.

Une mention spéciale pour les nouveaux bandeaux des éditions Robert Laffont où le portrait de l’auteur est dessiné ! Ca change et c’est joli.

Voilà donc une très belle découverte (et un nouveau coup de cœur) que je vous recommande vivement !

Retrouvez aussi l'avis d'Anne qui est très proche du mien, ainsi que les avis plus modérés de Laurence et Clarabel.
Quant à Laure, elle a beaucoup moins aimé.

A lire aussi, les avis de : Amy, Chiffonnette, Emeraude, InColdBlog (ainsi qu'une interview de Jean-Philippe Blondel), Papillon, Tamara.


A propos de l’auteur

Marié, père de deux enfants, professeur d’anglais, Jean-Philippe Blondel vit à Troyes, où il est né en 1964. Il a publié chez Delphine Montalant Accès direct à la plage (prix Québec-France du premier roman) et 1979, et chez Robert Laffont Juke-Box, Un minuscule inventaire (prix littéraire du conseil général de l’Aube), et Passage du gué (prix Gaël et prix Fol’Lire).
(Source : Editions Robert Laffont)

Jean-Philippe Blondel est le 1er participant à ma nouvelle rubrique, Trois questions à....


Photo Couverture : Editions Robert Laffont

22 août 2007

Le rapport de Brodeck - Philippe Claudel

Ce livre fait partie des livres reçus dans le cadre de la sélection adhérents de la Rentrée Littéraire Fnac 2007. En fait de livre, ce roman s’est présenté sous la forme de 207 feuilles A4 non reliées. Je ne pensais pas arriver à lire un roman sous cette forme. Et pourtant oui, j’y suis arrivée ! Cela ne m’a pas gêné du tout et j’ai même trouvé que cela collait bien au sujet du livre puisqu'il est question d'un rapport écrit sur des feuilles volantes à la machine à écrire.







Brodeck est chargé, par les habitants de son village, de rédiger un rapport. Pour raconter « les choses », telles qu’elles se sont passées. Pour que les autres comprennent.

Et en marge de ce rapport officiel, il écrit son rapport à lui, sa confession.

Par bribes, au fil de sa pensée, il va nous livrer son histoire et la venue de l’Anderer dans son village – qui est à l’origine du rapport officiel. Le narrateur, Brodeck, fait des allers-retours incessants entre le passé et le présent. Petit à petit, tout va se construire, comme un puzzle.

« J’ai relu tantôt mon récit depuis le début. (…) Cela manque d’ordre. Je pars dans tous les sens. Mais je n’ai pas à me justifier. Les mots viennent dans mon cerveau comme la limaille de fer sur l’aimant, et je les verse sur la page, sans plus me soucier de quoi que ce soit. Si mon récit ressemble à un corps monstrueux, c’est parce qu’il est à l’image de ma vie, que je n’ai pu contenir et qui part dans tous les sens. » (p.253)

Cette construction provoque un malaise, une angoisse et on se demande ce que l’on va découvrir, tout en ayant envie de connaître la suite. Cette façon de construire le récit est excellente et pour moi, c’est LE « truc en plus » de ce roman.

Et puis, j’ai retrouvé cette écriture belle et simple de Philippe Claudel, que j’avais découverte dans La petite fille de Monsieur Linh. Comme dans ce roman où le pays d’origine de Monsieur Linh, ainsi que le pays où il arrive, ne sont jamais cités mais qu’on devine, le pays où se trouve le village de Brodeck, la guerre dont il nous parle, tout cela n’est pas nommé clairement mais on devine.

Voici donc un très beau roman de Philippe Claudel qui me donne définitivement plus envie de lire ses autres romans ! Un de mes coups de cœur de cette rentrée littéraire !

Retrouvez aussi les avis d'Amanda, Anne, BelleSahi, Bernard, Chiffonnette, Emeraude, Essel, Gambadou, Joëlle, Katell, Philippe, Tamara, Thibault Malfoy.


Les 1ères phrases

« Je m’appelle Brodeck et je n’y suis pour rien.
Je tiens à le dire. Il faut que tout le monde le sache.
»


Extrait

C'est un peu long mais j'aime énormément. C'est un prêtre qui parle. Un curé de village.

« Les hommes sont bizarres. Ils commettent le pire sans trop se poser de questions, mais ensuite, ils ne peuvent plus vivre avec le souvenir de ce qu’ils ont fait. Il faut qu’ils s’en débarrassent. Alors ils viennent me voir car ils savent que je suis le seul à pouvoir les soulager, et ils me disent tout. Je suis l’égout, Brodeck. Je ne suis pas le prêtre, je suis l’homme-égout. Celui dans le cerveau duquel on peut déverser toutes les sanies, toutes les ordures, pour se soulager, pour s’alléger. Et ensuite, ils repartent comme si de rien n’était. Tout neufs. Bien propres. Prêts à recommencer. Sachant que l’égout s’est refermé sur ce qu’ils lui ont confié. Qu’il n’en parlera jamais, à personne. Ils peuvent dormir tranquille, et moi pendant ce temps, Brodeck, moi je déborde, je déborde sous le trop-plein, je n’en peux plus, mais je tiens, j’essaie de tenir. Je mourrai avec tous ces dépôts d’horreur en moi. Vois-tu ce vin ? Eh bien c’est mon seul ami. Il m’endort et me fait oublier, durant quelques instants, tout cette masse immonde que je transporte en moi, ce chargement putride qu’ils m’ont tous confié. Si je te dis cela, ce n’est pas pour que tu me plaignes, c’est pour que tu comprennes… Tu te sens seul de devoir dire le pire, moi, je me sens seul de devoir l’absoudre. » (p.173)


Photo Couverture : Stock

20 août 2007

La Fille des Louganis - Metin Arditi

4ème de couverture

Dans la beauté solaire de son île grecque, la jeune Pavlina aime celui qu'elle croit son cousin, Aris. Elle ignore le secret qui dévastera pour longtemps la famille : Aris est du même père qu'elle. L'enfant qu'elle aura de lui, fruit d'un inceste, sera confié à l'adoption.

La Fille des Louganis raconte l'histoire de ce double arrachement, à l'île et à l'enfant. A Genève, où elle émigre, Pavlina poursuivra son existence, comme absente à elle-même, sans renoncer au rêve - obsédant jusqu'à la folie - de retrouver un jour la fille qu'on lui a enlevée.

Sur ce thème à la fois intime et universel de l'abandon, sur le hasard des rencontres et la vertu des amitiés, sur les forces vitales et les péripéties du destin qui nous gouvernent par-delà le bien et le mal, Metin Arditi a composé un roman profond, saisissant d'émotion et de vérité.


Mon avis

Je crois que pour une fois, je n’ai pas grand-chose à ajouter à ce 4ème de couverture : l’histoire y est très bien résumée et oui, on ne nous trompe pas, cette histoire est pleine d’émotions et est très touchante. Surtout à partir du moment où Pavlina se trouvera loin de son île, d’abord à Athènes, puis ensuite à Genève.

Voici un petit extrait qui résume bien l’obsession de Pavlina, obligée d’abandonner son enfant, sans savoir qu’il est le fruit d’un inceste :

« A qui ressembles-tu, ma fille adorée ? A ton père, qui était si beau ? si fin ? A ta mère, qui a des seins trop gros aux aréoles noires et laides ? Quels amis t’entourent dans ta belle demeure du plus beau quartier d’Athènes ? Qui te fête ? Avec quel gâteau ? De quelle couleur sont tes bougies ? Dis-le-moi, ma fille adorée. Dis-le-moi qu’enfin je respire. »

Et le Grec étant un peu comme un fil rouge dans ma vie de lectrice (si vous ne comprenez pas, vous demandez, je me ferai un plaisir de vous expliquer !), je vous livre un extrait rapportant les paroles d’une chanson grecque :


« Pios taxidevi sta matia sou ?
Pios… Xagripna sto cormi sou ?
Matia blé
Sta megala taxidia sou,
Tha’ me’ ego, Tha’ me panda mazisou

Qui voyage dans tes yeux ?
Qui veille sur ton corps ?
Tes yeux bleus
A tes longs voyages c’est moi qui serai là
Je serai avec toi toujours
»



Retrouvez aussi l'avis de Chiffonnette !


A propos de l’auteur

Né en 1945 à Ankara, Metin Arditi vit à Genève. Ingénieur en génie atomique, il a enseigné à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne. Il est le président fondateur de la Fondation Arditi qui, depuis 1988, accorde prix et bourses aux diplômés de l’université de Genève et de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne. Il est également président de l’Orchestre de la Suisse romande.
Chez Actes Sud, il est l’auteur de Dernière lettre à Théo (“Un endroit où aller”, 2005), de L’Imprévisible (2006), de La Pension Marguerite (2006 et Babel n° 823) et de Victoria-Hall (Babel n° 726).
(Source : Actes Sud)


Photo Couverture : Actes Sud

19 août 2007

La Princesse et le Pêcheur - Minh Tran Huy


4ème de couverture

Jamais un conte n’est vraiment innocent, ni tout à fait dénué de cruauté. En la personne de Nam, jeune Vietnamien depuis peu réfugié en France, la narratrice croit reconnaître le prince charmant. Ils sympathisent, se revoient, se confient, s’inventent un territoire secret. Mais quelque chose éloigne les gestes de l’amour : le beau garçon la traite comme une petite sœur.
A quelque temps de là, elle accompagne ses parents au Viêtnam, où ils retournent pour la première fois. Devant elle, née en France, élevée et protégée comme une fille unique, le rideau se déchire. Les secrets affleurent, les rencontrent dévoilent les tragédies qu’ont connues les siens. Que Nam a laissées derrière lui, peut-être…

La Princesse et le Pêcheur dessine une vietnamité aussi réelle qu’impartageable, un pays immatériel que Minh Tran Huy imprègne d’une fausse candeur toute de retenue, qui cache une mélancolie profonde. Elle y inscrit la présence de l’ami si difficile à retrouver, parce que l’Histoire est passée par là. Ou simplement le temps. Plus violent que les contes…


Mon avis

Voici une belle découverte ! Dès les premières phrases, l’écriture de Minh Tran Huy m’a plu : une écriture que je trouve « pleine ». Je sais, ce terme peut paraître ridicule, mais je ne sais pas comment l’exprimer autrement ! Pour que vous me compreniez mieux, lisez-ce passage où l’auteur parle de la vie d’une façon que je trouve très juste :

« Vivre, c’est se lancer dans un solo tout en apprenant à chanter ; tenir le rôle principal d’une pièce un soir de première sans avoir jamais répété ; rédiger une histoire d’une traite, sans possibilité de retour en arrière. Il n’y a pas de deuxième prise. On progresse au petit bonheur la chance, ralentit quand on devrait accélérer, s’invente des obstacles inutiles, bifurque sur un coup de tête, en n’ayant aucun idée de sa destination. L’existence est un récit que l’on dévide au fil de la plume, et où personne ne se préoccupe des répétitions, des blancs et des incohérences. Il n’y a que dans les romans qu’on peut corriger, réviser, reprendre : la plupart des vies sont bancales, gouvernées par un hasard sans rime. » (p.14)

Pour un premier roman, je trouve qu’il y a une certaine maturité dans le style de Minh Tran Huy.

Dans cette histoire, il y a plusieurs histoires. Tout d’abord, il y a l’histoire de ce garçon et sa petite sœur, dont le destin incestueux semble inévitable. Puis il y a la très belle histoire d’amitié ou d’amour (où est la frontière ?) de Lam (la narratrice) et de Nam, « dont le prénom signifiait « pays du Sud », un garçon insolent et séduisant, qui avançait la mèche sur l’œil et le sourire aux lèvres, plein d’esprit malgré ses fautes de grammaire. » (p.136)

Et au milieu de ces deux histoires, il y a Nam qui ne veut rien révéler de sa vie au Viêtnam à Lam, les liens qui unissent Lam à ses parents qui ne lui parlent pas beaucoup de leur pays, le Viêtnam, il y a Lam qui se sent française avant tout, et il y a les voyages de Lam dans ce pays qui est celui de ses parents, mais pas le sien.

Tout cela nous permet de découvrir le Viêtnam, mais surtout les blessures de ceux qui sont restés et ceux qui sont partis. Ce livre est un très beau témoignage sur ce magnifique pays et sur ses personnes qui l’ont quitté, par choix ou de force.

L’auteur fait souvent référence à un roman d’Haruki Murakami : Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil. J’ai ajouté ce titre à ma LAL !


Les 1ères phrases

« Il était une fois deux orphelins qui habitaient un petit village du Viêtnam. L’aîné était déjà un jeune homme ; sa sœur en revanche n’avait pas six ans. Ils avaient perdu leurs parents lors d’une inondation durant la saison des pluies et ne vivaient plus que l’un pour l’autre. »


Extrait

L’auteur parle ici de ces parents :

« J’observe mes parents et je me rends compte, ai-je écrit à mon ami, qu’ils ne sont ni vietnamiens, ni français. Ils ont grandi ici mais à présent qu’ils sont revenus, rien n’est plus pareil. On parle de double culture, de racines transplantées dans un autre sol, d’héritage à conserver tout en s’intégrant, mais on oublie qu’en réalité, les êtres nés ici et vivant là ne sont de nulle part. Leur identité oscille entre deux pôles qui tantôt cohabitent, tantôt s’affrontent, plaques tectoniques qui se heurtent et créent séismes, montagnes et ravins, une recomposition du décor que l’on aurait crue impossibles quelques instants plus tôt ; alors on avance sur cette terre nouvelle sans trop savoir où l’on va, espérant toujours qu’à la fin, on trouvera une voie qui nous révélera notre place ici-bas… » (p.153)


A propos de l’auteur

Née en 1979 à Clamart, Minh Tran Huy est rédactrice en chef adjointe au Magazine littéraire et chroniqueuse aux Mots de minuit, l‘émission culturelle de Philippe Lefait (France 2). La Princesse et le Pêcheur est son premier roman. (Source : 4ème de couverture)

Je vous invite à lire une interview de Minh Tran Huy par Evene.fr. C'est ICI.


Photo Couverture : Actes Sud

16 août 2007

Villa des hommes - Denis Guedj

Ce livre fait partie des livres reçus dans le cadre de la sélection adhérents de la Rentrée Littéraire Fnac 2007.





« L’humanité n’a quelque valeur que comme expression de l’infini. »
Jean Jaurès


Je dois commencer par vous avouer que j’ai arrêté, une première fois, la lecture de ce roman à la page 152 (sur 307, au total) car je n’arrivais pas à avancer. J’avais l’impression de peiner, l’envie n’était pas là. Alors comme il me fallait malgré tout avancer dans mes lectures pour la sélection adhérents Fnac, j’ai refermé ce livre et je suis passée à un autre.

Puis j’y suis revenue deux semaines plus tard. Si je n’avais pas lu ce livre dans le cadre de la sélection, je pense que je ne serais jamais allée jusqu’au bout. Mais là, vu le cadre de lecture, je me devais d’aller jusqu’au bout.

« Vous me racontez votre histoire, elle est importante pour vous,
à moi de décider de m’embarquer ou de rester à quai.
»

Voici ce qu’un des personnages dit à un autre. Dans le cas de ce roman, je dirais que moi, j’ai choisi de rester à quai. :-)

En effet, je ne suis pas du tout entrée dans l’histoire, dans cette relation entre ce vieux mathématicien allemand, Hans Singer, et ce soldat français, Matthias Dutour, conducteur de trains. Ces deux hommes se retrouvent dans la même chambre de la Villa des Hommes, un hôpital psychiatrique allemand. Leurs longues discussions sur les mathématiques – ou plutôt les longs monologues de Hans Singer – me laissaient totalement indifférentes. C’était trop de mathématiques à mon goût ! Toutes les théories et les démonstrations de Hans Singer m’ont barbé. J’y suis restée complètement hermétique : je n’ai pas cherché à comprendre et je n’avais vraiment pas envie de me creuser la tête…

Et dommage que les moments où Matthias parlait de la guerre ou sur les moments d’avant-guerre ou sur les trains soient rares car là, peut-être, j’aurais pu plus accrocher…

Sinon le livre est bien écrit et je pense qu’il n’y a rien à redire sur les théories exposées par Hans Singer (Denis Guedj est aussi mathématicien). C’est juste que ce n’est pas ma tasse de thé. C’est pourquoi je recommande ce livre à ceux que les mathématiques, et plus particulièrement la théorie des Ensembles, intéressent. Sinon, passez votre chemin !

Je vous laisse vous rendre sur le site des éditions Robert Laffont où la présentation de l’éditeur est bien plus complète que la mienne, pour que vous vous rendiez compte que dans ce roman, on ne parle pas que de mathématiques, mais aussi de la folie, de l’amitié, etc. Sauf que moi, les mathématiques m’ayant rebuté, je n’ai pas porté plus attention que ça aux autres thèmes abordés dans ce roman.


Quelques extraits

« Ils sont marrants les écrivains. Ils écrivent des pages et des pages et après, c’est à nous de les lire. » (p.70)

« Il y a pour chaque homme un devoir d’insatisfaction, Herr Singer. On se doit d’être insatisfait. Insatisfait de l’état du monde, insatisfait de la pauvreté, de la famine, de l’oppression, de l’exploitation, de l’injustice, insatisfait de l’abandon des enfants. Insatisfait de l’état du monde, non parce qu’on le hait, mais parce qu’on l’aime. Et d’autant plus insatisfait qu’on l’aime. Oui, le transformer et l’aimer, le transformer parce qu’on l’aime. » (p.201)


Photo Couverture : Editions Robert Laffont