15 juin 2007

Une coïncidence inévitable - Katarina Nicklaus

« Ainsi l’on aurait tort d’en vouloir au roman d’être fasciné par les coïncidences mystérieuses… En revanche, on a raison d’en vouloir à l’homme de ne pas voir ces mêmes coïncidences dans sa vie de tous les jours. Car cette vie, il la prive par là d’une de ses dimensions : celle de la beauté. »

Milan Kundera, L’Insoutenable légèreté de l’être





Attention ! Ne vous fiez pas au première de couverture : ce roman n’est pas de la Fantaisy ! En tout cas, c’est ce que je me suis demandé quand j’ai vu la couverture : vais-je lire un roman de Fantaisy ? Hum… c’est que je n’aime pas trop cela, moi…

Hé ben non ! Ce n’est pas de la Fantaisy ! Ce roman – qui se lit vite – nous raconte l’histoire de Florence et Vincent. Histoire d’amitié, histoire d’amour…

Tout commence par l’accident de moto de Vincent sur le périph parisien. Il est de passage sur Paris pour renouveler sa licence de pilotage française. Car Vincent est pilote de ligne. Et il vit à Montréal. A l’occasion de ce séjour, il souhaite revoir Florence, une amie.

Cet accident – une coïncidence inévitable ? – va les réunir (à nouveau) et les amener plus loin qu’aucun d’eux n’aurait pu imaginer. Au long de ces 140 pages, on va assister à leur histoire, ainsi qu’à la convalescence de Vincent, et au travail qu’il doit effectuer sur lui-même pour accepter le fait qu’il ne pourra jamais re-piloter pour son travail. C’est Florence qui va l’aider, ainsi que plusieurs personnes qu’ils vont rencontrer.

Voici donc une belle histoire d’amitié-amour et de travail sur soi afin d’accepter l’inévitable et d’être heureux malgré tout. Ce roman pose la question suivante : à quoi s’évertuer (et se fatiguer) à chercher le bonheur alors qu’il est là, juste là, en nous ?


Poème sur le bonheur, écrit par Lama Guendune Rinpotché (p.126)

« Le Bonheur ne se trouve pas avec effort et volonté,
Mais réside là, tout proche
Dans la détente et l’abandon.
Ne sois pas inquiet, il n’y a rien à faire.
Tout ce qui s’élève dans l’esprit n’a aucune importance,
Parce que dépourvu de toute réalité.
Ne t’attache pas aux pensées, ne les juge pas.
Laisse le jeu de l’esprit se faire tout seul,
S’élever et retomber, sans intervenir.
Tout s’évanouit et recommence à nouveau, sans cesse.
Cette quête même du bonheur est ce qui t’empêche de le trouver
Comme un arc-en-ciel qu’on poursuit sans jamais le rattraper.
Parce qu’il n’existe pas, parce qu’il a toujours été là,
Et parce qu’il t’accompagne à chaque instant.

Ne crois pas à la réalité des choses bonnes ou mauvaises,
Elles sont semblables aux arcs-en-ciel.
A vouloir saisir l’insaisissable, on s’épuise en vain.
Dès lors qu’on relâche cette saisie, l’espace est là,
Ouvert, hospitalier, et confortable.
Alors jouis-en.
Ne cherche plus.
Tout est déjà tien.
A quoi bon aller traquer dans la jungle inextricable,
L’éléphant qu demeure tranquillement chez soi.
Cesse de faire.
Cesse de forcer.
Cesse de vouloir.
Et tout se trouvera accompli,
Naturellement.
»


Par contre, pour moi, un petit mystère plane : qui est Katarina Nicklaus ? Les recherches sur Google ne donnent rien… alors qui se cache derrière ce nom ? C’est toujours bien de laisser planer un petit mystère… mais j’aimerais bien en savoir plus ! :o)
Anne, Choupynette et Laurence ont aussi lu ce livre !


Site de l’auteur : http://www.katarina-nicklaus.com/
Site de l’éditeur : http://www.nicholsonandpartners.com/
A noter que ce roman est le premier publié par cette maison d'édition dans sa collection Littérature française.


Photo Couverture : Amazon.fr

15 commentaires:

BelleSahi a dit…

Très beau ce poème !

Caro[line] a dit…

@ BelleSahi : Et surtout, très juste !

Clarabel a dit…

Tu ne regrettes pas, alors ? :)

Je pensais aussi qu'à la couverture il s'agissait d'un roman de "fantasy". C'est bizarre ...

Au juste, une petite "patate chaude" t'attend sur mon blog ! C'est toi le chat ! na ! ;o)

Caro[line] a dit…

@ Clarabel : Non, je ne regrette pas. :o)
Tu me rassures si toi aussi, tu as pensé au Fantasy en voyant la couverture.
Bon, je vais tout de suite sur ton blog voir ce qu'est cette "patate chaude" !

Lou a dit…

ah, pourquoi pas ? de mon côté je continue ma découverte des auteurs français avec l'achat de "Magnus" de Sylvie Germain ("un des écrivains majeurs de notre temps" à en croire son éditeur;o)). Comme quoi !

Anne a dit…

Je l'ai reçu cette semaine et l'ai commencé ce matin ;-)Je ne lis pas ton avis maintenant j'y reviendrais...

Caro[line] a dit…

@ Lou : Si tu le souhaites, je peux te le prêter.
J'aimerais bien lire aussi "Magnus" car j'en entends pas mal de bien. Et puis surtout, il est en poche ! :o)

@ Anne : Toi aussi ! ;o)
J'attends ton avis avec impatience !!!

choupynette a dit…

Moi je trouve cette couverture absolument horrible!
je vois que l'éditeur fait pas mal d'effort pour promouvoir ce livre.. pour ma part je l'ai reçu la semine dernière.. je devrais le lire cette semaine, ou la prochaine!
très très joli poèmeau fait!

Caro[line] a dit…

@ Choupynette : Je n'aime pas l'illustration, mais surtout je trouve qu'elle ne correspond pas du tout à l'histoire racontée. C'est dommage !

En effet, l'éditeur a l'air de faire énormément d'efforts car j'ai l'impression que nous avons été beaucoup à avoir été contactés ! Cela me fait extrêmement plaisir car cela montre que l'on compte. :o)

Quant au poème, oui, il est beau mais surtout tellement vrai.

knicklaus a dit…

Chère Caroline & crew,
Je vous ai posté un petit mot sur mon blog : http://www.katarina-nicklaus.com/spip/spip.php?article6#forum10
Pour ce qui est de la couverture, qui n'est pas une image de synthèse mais un tableau d'artiste (oeuvre unique), dont les symboles ont trait au roman, j'exprimerai mon point de vue en tant que créatrice dans un prochain billet sur mon blog.
Bien que la couverture ne soit pas mon choix, je me sens en osmose avec le message de V. d'Istria (notamment le passage de l'ombre à la lumière représenté par l'échiquier).
Tout est symbole...
Amicalement,
Katarina

Caro[line] a dit…

@ Katarina :

Bonjour !

Je vous remercie de passer sur mon blog. Et merci aussi pour votre réponse sur le vôtre. :o)

J'ai lu sur votre blog comment vous perceviez cette couverture et sa symbolique, mais je dois avouer quand même que c'est déroutant. Car au premier coup d'oeil, il y a un décalage énorme entre l'illustration et votre histoire.
Mais j'attends donc avec impatience votre prochain billet sur votre blog à ce sujet !

A très bientôt, j'espère !

katarina a dit…

Chère Caro(line),
mon billet est en ligne sur ce lien :
http://www.katarina-nicklaus.com/spip/spip.php?article8
sous le titre "Variations autour de la couverture".
Votre critique a été très constructive et m'a donné l'occasion de m'exprimer sur ce point pour essayer de combler le décalage pour les internautes.
Amicalement
Katarina

Caro[line] a dit…

@ Katarina :
Je vais tout de suite lire votre billet. Merci !

laurence a dit…

Bien, j'ai lu à mon tour ce roman et viens de mettre ma critique en ligne. Je suis beaucoup moins enthousiaste que toi. Mais peut-être ne suis-je pas la bonne cible? :-/

Caro[line] a dit…

@ Laurence : Je viens d'aller lire ton article sur Biblioblog.

Je pense que ce genre de discours sur la recherche du bonheur et tout le toutim touche selon son état d'esprit du moment. Je sais qu'il a trouvé écho en moi et donc je n'ai pas trouvé de longueur dans les monologues intérieurs.

Par contre, nous sommes tous unanimes pour la couverture. :o)